Le sol a lâché, je me suis retrouvé dans le vide, en un instant. Son regard percutant m’avait transpercé, en un quart de seconde, juste avant que je m’effondre. J’avais les yeux rivés aux siens sans comprendre. En fait, ça avait commencé avant ses yeux. Certains se gagnent par l’estomac, moi par l’ouïe. Fais-moi vibrer le tympan, comme toi seul tu sais le faire, juste assez, pour ne pas le défoncer. Je te parlerai, doucement dans l’oreille, te faisant écouter ce que j’ai à te dire par la bouche des autres. Je trouverai les mots déjà écrits pour te révéler ma pensée, pour te dire ce que je suis ici. Mais souvent, tu ne m’écouteras pas, tu feras comme si je n’existais pas et le temps passera, encore une fois sans que vraiment j’y sois. Puis tu te surprendras à fredonner ce que mille fois je t’ai chanté, un souvenir de moi, porté par une voix. Le visage livide, tu regarderas dans le vide, mon absence comme mon silence te serviront de seule présence. Le sol sous moi a quitté mes pieds, dès le début tu te souviens, je suis tombé.
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